En
cas de doute sur le « kilométrage compteur
», quelques vérifications s’imposent,
d’abord orales. Commencez par demander si le
kilométrage annoncé par la totalisateur
est fiable, la raison de la revente précipitée
et du prix… Une fois ces premiers indices dégrossis,
le tour complet de la moto est OBLIGATOIRE ! Quelques
détails peuvent alors en révéler
bien plus qu’un long discours pour estimer le
kilométrage réel de la machine, mais
aussi son histoire ou son état :
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Disques
de frein : en règle générale,
les disques se remplacent à l’approche
des 50 000 km (ou avant en cas d’usage forcené…
). Donc, si une moto est équipée
de disques différents de ceux d’origine
(et sauf remplacement par des disques plus performants
sur des sportives très affûtées…
) et que le compteur annonce seulement 20 000
km, méfiance… Pincez le disque entre
vos doigts puis glissez-les de l'intérieur
vers l'extérieur. S'il présente
des rayures importantes et une différence
notable entre l'épaisseur de la piste et
celle du bord extérieur, vous en déduirez
que la machine a déjà parcouru quelques
dizaines de milliers de kilomètres et que
le disque (et les plaquettes, si l'épaisseur
de la garniture est inférieure à
2 mm) est bon à changer ! |
| Repose-pied
: un caoutchouc très usé ou des
repose pied remplacés sont là encore
signes de fort kilométrage (ou de chute…
). Surveillez aussi les dessous, un repose-pied
très élimé ou un têton
passablement raccourci indiqueront soit une chute,
soit une conduite soutenue... |
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Transmission
: la longévité d’une chaîne
dépend directement du soin apporté
à son entretien et de la façon de
piloter… Certaines transmissions tiennent
plus de 30 000 km (on pourra donc supposer que
la moto est correctement entretenue et pas trop
sollicitée) tandis que d’autres durent
à peine 10 000 km (entretien ou pilotage
rude ? ). Demandez au propriétaire combien
de fois il a changé la chaîne et
faites les déductions qui s’imposent.
Les dents de la couronne sur la roue arrière
(sauf cardan ou courroie…) doivent être
de forme régulière. Une forme asymétrique
et/ou pointue témoigne d’une usure
importante. Les tendeurs ne doivent pas friser
les repères d'usure. Saisissez aussi un
maillon au niveau de la couronne et tirez-le en
arrière. Trop lâche (s'il s'écarte
de plus de 5 mm env.), celui-ci trahira aussi
une usure importante (synonyme de frais de remplacement
du kit transmission complet… de env. 600
F - 91,5 euros - à bien plus en fonction
de la cylindrée). |
| Pneus
: comme pour les chaînes, l’usure
des pneus est un très bon indicateur. Très
marqués sur les côtés et changés
tous les 5 000 km, ils trahiront un pilotage sans
ménagement. Une pneu avant d’origine
affichant fièrement 20 000 km (ou plus…
) tendra à prouver l’inverse. |
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Surveillez
aussi les fuites au niveau des joints moteur et l’usure
générale des plastiques. Des matériaux
ternes sur une moto récente trahiront aussi
son kilométrage réel.
Vérifiez l'état des durites d'essence
et du circuit de refroidissement. Elles ne doivent
présenter aucune section ou porosité.
Plus technique à déceler
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Suspensions
: un amortisseur arrière commence généralement
à se dégrader passé 20 000
km. Quelques pompages successifs sur l’arrière
de la machine (on pèse de tout son poids
sur la selle en faisant pomper l’amortisseur)
suffiront à sentir ses réactions.
Une résistance minimum indique un freinage
hydraulique inefficace, donc un amortisseur très
fatigué…
On pourra appliquer la même règle
à la fourche, mais en relativisant. Car
son liquide hydraulique est très facile
à vidanger (et ses éléments
internes tous remplaçables). Un amortisseur
est nettement plus difficile (voir impossible)
à reconditionner. |
Moteur
: le démontage d’une bougie peut aussi
parfois apporter des renseignements utiles. La coloration
trop brune ou trop claire n’est à priori
pas très importante, indiquant simplement un
réglage carburation peu adapté. En revanche,
une bougie recouverte d’un dépôt
d’huile brûlé indiquera des remontées
anormales donc une usure prononcée de l’ensemble
chemises/pistons/segments.
Passez un doigt dans la sortie du pot. Il doit en
ressortir sec, avec un dépôt noir éventuellement,
mais aucunement gras (consommation d’huile…
).
Traquer
les traces de chute…
Des
traces de rouille sur un cadre et l’éclat
de la peinture notamment au niveau des soudures
(colonne de direction, boucle de cadre) indiquent
souvent une déformation anormale…
suite à un choc.
Cherchez toutes traces de frottements au niveau
du collecteur et des repose-pied, commandes au
pied, bas de carénage, mais aussi leviers
de frein ou embrayage, embouts de guidon, etc.
Un carénage adaptable en lieu et place
du carénage d’origine ou tout simplement
repeint n’est pas forcément bon signe… |
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Mais
attention cependant à relativiser, toute chute
n’est pas forcément grave. Celles qui
l’auront été auront fait l’objet
de réparation, donc sujettes à facture
avec détail des pièces changées…
A la suite de cet examen statique et dynamique, estimez
les réparations ou retouches éventuelles.
A
savoir
En
cas de doute sur l’état et le kilométrage
d’un moteur, une analyse d’huile peut
être riche d’enseignements. Il en coûte
entre 150 et 300 F environ (à titre indicatif)
dans les concessions qui font faire ce genre d’examen.
Si vous avez déjà opté pour votre
modèle, l’achat de la Revue Moto Technique
(ETAI, 92100 Boulogne, 01 46 99 24 20, environ 120
F) le concernant est judicieux. Cet ouvrage traite
de l’entretien et des particularités
techniques d’un modèle. Mais attention,
ce type de revue s’adresse plutôt aux
amateurs éclairés qu’aux profanes…
TESTER
C’est
la partie la plus délicate à gérer
lors de l’achat d’une moto. Après
avoir convaincu le vendeur de vous confier sa moto,
vous vérifierez la quittance d’assurance
(interdiction de rouler sans assurance ! ! ! ) et
la carte grise (date de contrat, n° de cadre,
plaque constructeur, n° d’immatriculation).
Alors, la partie technique débute.
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Ecoutez
le moteur A FROID. Trop de bruits mécaniques
trahiront le moindre problème. Prêtez
attention à la synchronisation des carburateurs
(ou le bon réglage de l’injection),
le moteur doit tourner régulièrement
au ralenti une fois chaud. En route, la montée
en puissance doit se faire sans passages à
vides, hésitations ou hoquets, en tenant
bien compte du caractère propre à
chaque machine. Il n’y a pas besoin de rouler
à 200 km/h pour se faire une idée...
Le freinage doit fonctionner progressivement,
sans vibrer. La sélection des vitesses
doit se montrer naturelle, pas trop bruyante,
et offrir un verrouillage correct sur tous les
rapports. Là encore, testez les suspensions
aussi bien à l’arrêt qu’en
dynamique. Des louvoiements trop prononcés,
des pompages excessifs, des grincements curieux,
une direction avec des points durs, une tenue
de route aléatoire doivent forcément
inspirer la méfiance, et un interrogatoire
immédiat du propriétaire, Ach !
Ne pas oublier non plus de vérifier la
bonne pression des pneumatiques… |
NEGOCIER
Après
l’avoir inspectée et essayée,
vous avez donc dressé un portrait à
peu près fiable de la moto. Vous connaissez
ses points faibles, ses défauts, ses qualités.
Il reste donc à faire la synthèse de
façon à négocier sur des bases
solides. A ce moment, vous allez donc prendre en compte
différents éléments :
| Les
cotes : il en existe plusieurs, certaines
plutôt généreuses et d’autres
plutôt « pingres ». La cote
de « L’officiel du cycle et de la
moto » s’adresse aux professionnels
et sert souvent de base pour la reprise d’un
véhicule... Alors que lors d’une
tractation entre particuliers, c’est souvent
la cote des magazines spécialisés,
plus avantageuse, qui est consultée. |
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L’état
général de la machine : la
perspective d’une révision coûteuse
(contrôle jeu aux soupapes, réfection
distribution, réglage carburation, changement
transmission, pneus, disques de freins et plaquettes,
etc. ), de réparations mécaniques ou
esthétiques doit vous amener à un rapide
calcul et à une nouvelle estimation du prix
de la moto. D’une façon générale,
les frais à prévoir sont déduits
du prix de la cote en appliquant une minoration de
50 %. Par exemple, on déduira 50 % du prix
du pneu à changer. La consultation du carnet
d’entretien vous sera d’une aide précieuse
pour déterminer les travaux effectués
ou non sur la machine, et à prévoir…
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Le
kilométrage : trop de kilomètres
« réels » ou très peu
influent évidemment sur le prix de vente
d’une moto. D’une façon générale,
on estime le kilométrage standard à
:
environ 5 000 km / an pour une 125
environ 12 000 km / an pour une moyenne cylindrée
(+ de 125 cm3 à 749 cm3)
environ 15 000 km / an pour un grosse cylindrée
(+ de 750 cm3)
Chaque kilomètre en trop ou en moins se
négocie environ 40 centimes (soit 0,06
euros !). |
Les
accessoires : la règle généralement
appliquée consiste à majorer le prix
de vente de la moto d’un tiers du prix des accessoires.
Une règle à moduler si les pièces
d’origine ne sont pas fournies avec la moto…